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La société française est tiraillée par des inégalités insupportables. La France doit garantir à tous ses habitants, quelles que soient leurs origines, leurs handicaps ou leurs situations sociales, les conditions d’une vie digne. L’accès à un logement décent, à un emploi rémunérateur et à la santé est une exigence démocratique et sociale. Il en va de même de l’accès aux loisirs et aux vacances. Il n'est pas acceptable, dans un pays riche comme la France, que 2 millions d'enfants et de jeunes soient « assignés à résidence » dans leur cité qu'ils ne quittent même pas une journée par an ! Il n’est pas concevable que les pouvoirs publics ne donnent pas, à côté des pratiques professionnelles, les moyens réels pour les pratiques sportives, artistiques et culturelles en amateur. Dans une société devenue multiculturelle qui ne doit pas évoluer vers une mosaïque de communautés disjointes, il faut reconnaître aux individus le droit d’exprimer, individuellement ou collectivement, leurs identités tout en partageant des valeurs communes. Cela suppose une claire distinction entre les solidarités communautaires et le communautarisme.
Pour que chacun se sente reconnu dans sa dignité, il est indispensable de prendre en compte toute notre histoire et les mémoires blessées, d’agir contre le racisme et toutes les formes de discriminations.
L’évolution du travail, des modes et de la durée de la vie et la mobilité en Europe, nécessitent de redéfinir l’efficacité et le financement de notre modèle social ainsi que les bases de la fiscalité. L’originalité de l’économie sociale et solidaire, où les citoyens peuvent entreprendre autrement, expérimenter de nouvelles activités, organiser des services et participer aux missions de service public, doit être reconnue. L’entraide volontaire et les réponses mutualistes doivent accompagner les garanties de la Sécurité sociale et les politiques publiques. La solidarité ne peut se résumer à des interventions d’urgences, des interpellations médiatiques compassionnelles, ni aux seules réponses d’un État guichet. Elle est une exigence morale construite sur la base de la dette sociale que se doivent des citoyens égaux en droit quels que soient leur culture, leur religion ou leur choix de vie. Dans cet esprit, la laïcité est le meilleur moyen de préserver la paix civile. Elle permet l’expression de la pluralité des cultures et des convictions dans le cadre d’une République garante de l’intérêt général et donc indépendante de toutes les options spirituelles ou des intérêts particuliers. Les bases juridiques de la loi 1905 doivent, sans être remises en cause, être approfondies pour que des mesures de bon sens résolvent, par la concertation, les problèmes qui demeurent. Il est aujourd’hui indispensable que soient articulés des mesures juridiques, des dispositions politiques et des liens sociaux pour réaffirmer les conditions d’un vivre ensemble. Pour cela, le Parlement doit adopter, après une saisine du Conseil économique et social synthétisant les contributions des acteurs de la société civile dans leur plus grande diversité, une «charte de la Laïcité » qui affirme l’idéal commun susceptible de protéger les personnes de tous les asservissements et de garantir l’expression des différentes convictions religieuses, agnostiques ou athées. Proposition n°1 L’accès aux loisirs et aux vacances n’est pas une réalité pour un jeune sur quatre, de 5 à 14 ans. Cela doit faire partie des orientations prioritaires de la CNAF et les pouvoirs publics doivent assurer un rôle régulateur afin de mettre fin aux inégalités territoriales. Outre les enjeux de développement individuel de l’enfant et de l’adolescent, il en va de la préservation du lien entre les générations et les territoires.
Proposition n°2 La pratique sportive, tout au long de la vie, permet de limiter considérablement les risques de santé et développe une perception positive du sport (éloignée des notions d’argent, dopage, violence et discrimination). Il en est de même pour les pratiques artistiques et culturelles en amateur facteurs d’émancipation et de citoyenneté. Des efforts doivent être consentis pour développer l’accès à ces activités, en particulier aux âges les plus fragiles de la vie et prioritairement pour les populations défavorisées. Proposition n°3 Solidarités communautaires et le communautarisme sont deux notions qui s’opposent et doivent être davantage distinguées dans l’opinion public par diverses mesures. En effet, si l’une, fondée sur des identités communes, favorise l’émancipation individuelle et la relation avec les autres communautés, l’autre est le résultat d’une dérive sociétale à combattre. Proposition n°4 Agir contre le racisme et toutes les formes de discriminations ne se conçoit pas en un seul type d’opération et en un seul lieu. C’est la conjugaison de plusieurs actions et principes : éviter le moralisme, refuser la victimisation, sanctionner sans généraliser et proposer un projet de société alternatif dans l’école. Proposition n°5 Une « charte de la Laïcité » pour affirmer dans un texte solennel, adopté par le Parlement, les principes de liberté de conscience, de séparation des Eglises et de l’Etat et de primauté du service public d’éducation. Les propositions détaillées de la Ligue de l’enseignement dans le domaine de la Laïcité sont consultables sur le site www.laligue.org, rubrique Laïcité et diversité / la Ligue prend position
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